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Au mois de novembre 2007, je suis allé participer au Kino Kabaret de Brest, en Bretagne. Un séjour de 12 jours dans cette ville dont je ne connaissais que très peu au préalable, précédé et suivi par quelques jours à Paris, pour un départ de 15 jours au total. Nous étions une équipe de 5 Québécois: Maxime, Hugo, David, François et moi. Puisqu'un voyage n'est toujours qu'une série d'anecdotes, voici toutes celles dont je puisse me souvenir, deux semaines après mon retour dans un Montréal qui s'est enneigé durant mon absence.
1. Paris est une très belle ville, qui n'a su confirmé aucun des préjugés que je m'étais faits à son sujet. J'y ai mangé un excellent repas en compagnie de mon amie Olivia, que je n'avais pas vu depuis bien longtemps. Le métro y est superbe et facile à utiliser. L'hôtel était une autre histoire. Je n'avais encore jamais vu une seule pièce combiner de façon aussi singulière un évier, une toilette et une douche dans un espace d'un mètre carré. Pour tous ceux qui ont toujours rêvé de prendre une douche en chiant, je vous recommande fortement une visite dans un hôtel abordable de Paris.
2. Lors d'une visite guidée de Paris à travers Montparnasse, un très très joli quartier aux airs de village, notre guide semblait plus intéressé à savoir ce qu'il allait faire du reste de sa journée que de nous instruire sur sa ville. En effet, il a passé toute la promenade à parler au téléphone cellulaire.
3. Notre avion Montréal-Paris a fait, à notre grande surprise, une escale à....Québec. 20 minutes donc après le décollage, c'était déjà le temps de redescendre. Et il s'est passé un truc bizarre: un monsieur d'un certain âge, assis dans la rangée juste en avant de nous, a dû débarquer de l'avion, à la demande de l'agent de bord. Voici à peu près comment ça s'est passé: "Monsieur, ce siège a été réservé. Vous étiez au courant?" - "Pardon?" - "Oui monsieur, ce siège était réservé, on a dû vous le dire à l'embarquement. Je vais devoir vous demander de quitter l'appareil." - "Mais, je..." - "Comment elle est votre valise? Verte? On est en train de la retirer de l'avion. Veuillez me suivre.". Je n'arrive toujours pas à m'expliquer ce qui a pu se passer. Réserver un siège? Certes. Mais le donner accidentellement à un autre passager, pour ensuite le faire débarquer à Québec plutôt qu'à Paris? Seulement chez Air Transat.
4. Lors de ma première nuit à Brest, j'étais épuisé mais stressé par tous nos déplacements, et encore un peu sur le décalage horaire. Je n'ai pas fermé l'oeil avant 5 heures du matin, ce qui n'est pas inhabituel chez moi, qui a tendance à souffrir d'insomnie lorsque je suis un peu sur les nerfs. Le lendemain matin, toutefois, j'ai trouvé un peu surprenant de me réveiller avec un autre homme dans mon lit, couché tout habillé, et visiblement dans un coma éthylique. Les voyages sont remplis de surprises.
5. Brest est une ville qui a été largement démolie durant la Seconde Guerre Mondiale. Elle fut donc reconstruite hâtivement dans les années qui suivirent, principalement avec du béton. La ville est loin d'être laide, surtout comparée à des villes comme...Tracy, mettons, mais n'a pas le même charme rustique que d'autres grandes villes européennes. Ce qui n'a pas empêché la plupart de ses habitants de nous répéter à tout bout de champ à quel point leur ville était laide.
6. Contrairement à la croyance populaire ("Tonnerre de Brest!"), il ne pleut pas tout le temps en Bretagne. En fait, il a fait gris et froid durant nos 4 premiers jours, ce qui m'a inspiré à écrire un film sur la météo, pour lequel il devait faire nuageux et froid. Et à partir de ce moment-là, il a fait un beau soleil à tous les jours. Ce qui n'empêchait pas qu'il faisait toujours aussi froid et humide. Et que j'ai dû abandonner mon tournage, après DEUX tentatives avortées. Pas grave, j'ai fait autre chose.
7. Le Kinolab était situé dans le pavillon Image et Son de l'UBO (Université de Bretagne Occidentale). Dans une école, quoi. Et la fin de semaine, une école c'est fermée. Ce qui fait que pour circuler dans la place, il fallait trouver LA clé, qui n'était évidemment jamais trouvable au moment où on en avait besoin. Pour aller à la toilette par-exemple. Ce à quoi on nous a répondu, "Ben quoi, vous êtes des mecs, vous n'avez qu'à aller dans les buissons!", en parlant du jardin intérieur de l'école. Et heu, pour un numéro 2?
8. On a été traité, par le Festival, comme...des stars. Présentation live à la soirée d'ouverture devant le public, speech avant la projection de la Nuit des Cancres, un reportage télé, une entrevue live à la radio, et 4 articles dans les journaux. C'était gênant. Mais plaisant!
9. Juste avant que le Kabaret commence, l'équipe du festival nous a emmenés manger des moules-frites, au port. Le rendez-vous était à 11h le matin. Déjeuner aux moules-frites, c'est spécial.
10. Benjamin est un élève de l'I.S.B. (Image et Son...Brest) spécialisé en son. Il a fait la prise de son et le mix de mon premier film, mais il m'a aussi emmené à la quincaillerie pour m'aider à trouver des accessoires. Je cherchais une douille d'ampoule toute simple, reliée à une fiche murale par un fil. Pas d'artifices supplémentaires, juste un fil avec une ampoule vissable au bout. Il n'y en avait pas, et à voir le ton et la réaction des employés là-bas, c'était à peine concevable que ce genre de bidule ridicule existe (l'un d'eux a même vomi un peu dans sa bouche je crois, tant il avait de dégoût pour moi - c'était peut-être mon accent). Alors Benjamin m'en a construit une, en achetant séparément une fiche, un câble, et une douille. Je ne comprends toujours pas comment il a fait. Je crois que c'est un mage.
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